Et si vous laissiez tomber votre portable pendant trois jours… Les 12 e journées sans téléphone mobile démarrent ce lundi et proposent à chacun de prendre ses distances avec cet objet devenu incontournable. Un objet qui permet non seulement de téléphoner et d’envoyer des textos, mais aussi de surfer sur internet, consulter ses e-mails, échanger sur les réseaux sociaux, prendre des photos… De nouvelles pratiques devenues des réflexes. Parfois plus… Pour les vrais accros, impossible de dîner sans consulter Facebook sous la table ou d’aller au cinéma sans lire ses e-mails pendant une séance de deux heures…

Une université américaine a mené une expérience sur des étudiants en les privant de téléphone, d’ordinateur et de télévision. Tous ont rapidement ressenti des manques. Certains allant même jusqu’à la crise d’anxiété voire l’épisode de dépression.

Les adolescents fragilisés

Difficile d’évaluer combien de personnes sont concernées. Aux États-Unis, une étude a révélé que plus de 50% des Américains préfèreraient abandonner l’alcool, la caféine ou le chocolat plutôt que leur téléphone pendant une semaine. Un tiers d’entre eux préfèreraient même abandonner leur vie sexuelle…

En France, les analyses portent davantage sur les adolescents. Selon une étude TNS – Sofres parue en octobre dernier, 42% d’entre eux affirment ne pas pouvoir vivre sans nouvelles technologies.

Un comportement qui révèle d’autres troubles

Pour Jean-Charles Nayebi, psychothérapeute auteur de plusieurs ouvrages dont “Enfants et adolescents face au numérique”, il existe bien une cyberdépendance et elle prend différentes formes : “la dépendance au cyber-jeu, au cyber-sexe, à la cyber-communication (réseaux sociaux, etc), au cyber-amassage (téléchargements, achats en ligne).

Des comportements excessifs, voire compulsifs, qui cachent d’autres troubles plus profonds, selon Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialisée dans les médias numériques : “Il ne faut pas confondre le symptôme et le syndrome. Cela peut révéler un besoin de se sentir aimé, de voir et d’être vu, une confiance en soi très basse, une identité pas bien structurée”, détaille-t-elle.

Pas préparés à ce déferlement numérique

Pour les spécialistes, les outils ne sont pas directement en cause : “J’ai tendance à penser que le problème n’est pas l’augmentation de l’intelligence de la machine mais la diminution du bon sens des hommes”, explique Jean-Charles Nayebi, La difficulté, c’est qu‘il n’y a “aucun cadre : on est dépassé par l’invasion des technologies et on n’arrive pas à la gérer”, poursuit Vanessa Lalo. Qui conseille, notamment aux parents inquiets de voir leurs enfants accrochés à leur téléphone, d’expérimenter eux-mêmes l’outil pour mieux le comprendre et fixer des limites.

Lien :

http://www.ledauphine.com/societe/2012/02/05/quand-les-nouvelles-technologies-rendent-accros