Publié le 05/05/2011 par Marie-Cécile Renault sur le site du Figaro: http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?&ID_NEWS=188945475

Orange réalise 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans la santé. Il compte doubler d’ici à cinq ans.

Les nouvelles technologies sont en train de révolutionner le monde de la santé. Orange, parti plus tôt que ces concurrents sur ce créneau, a pris une longueur d’avance. Créée il y a quatre ans, sa division santé réalise déjà un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Et vise le double d’ici à cinq ans.

Les services foisonnent, à destination tant des médecins que des patients. Orange a, par exemple, connecté plus de 1000 lits à l’hôpital: le patient peut accéder à Internet ou regarder des vidéos sur une tablette située au pied de son lit, tandis que le médecin peut y consulter le dossier médical. Il a développé avec Cisco un système de télégériatrie, qui évite de déplacer des malades âgés entre hôpitaux, assurant plus de confort au patient tout en faisant gagner du temps aux médecins. Il est engagé avec la région Ile-de-France et l’américain GE dans un vaste chantier d’archivage de tous les clichés numérisés (IRM, scanners, radios, etc.), afin d’améliorer la communication entre hôpitaux et médecins de ville et d’assurer un meilleur suivi des patients.

En Grande-Bretagne, le NHS (le système de santé public britannique), pénalisé parce que 20% des patients ne se présentent pas à leur rendez-vous, a beaucoup gagné en efficacité grâce à un système de SMS, développé par Orange, qui rappelle aux patients leur rendez-vous, la veille, et leur demande de confirmer ou d’annuler.

Moins cher et plus efficace

L’opérateur a également mis en place différentes applications sur téléphone mobile qui permettent de réduire le coût du suivi des maladies chroniques comme le diabète ou l’asthme, mais aussi un système de télésuivi pour l’insuffisance rénale. Avec la start-up Tribun, il a lancé des services de téléexpertise pour palier la raréfaction des anatomopathologistes, ces médecins spécialistes du diagnostic des cellules cancéreuses. Un florilège loin d’être exhaustif.

Si les États sont prêts à financer ces développements qui réduisent les coûts tout en améliorant l’efficacité du système de soins, les particuliers sont eux aussi enclins à dépenser plus pour leur santé, et se laissent séduire par des applications de confort et bien-être. Le système de téléassistance mis au point par Orange, avec le fabricant de téléphones Doro et Mondial ­Assistance, a rencontré un succès inattendu: le groupe a vendu en un an plus de 100.000 exemplaires de ce téléphone basic pour seniors, muni d’un gros bouton pour alerter en cas de chute ou d’urgence .

Dans les pays émergents, où le mobile atteint désormais 50% de taux de pénétration, là aussi les technologies jouent un rôle phare en donnant l’accès aux soins. «Le problème n’est pas le financement. Les fondations ont beaucoup d’argent, à l’image de la fondation ­Gates. L’enjeu est plus de trouver un bon projet», explique Thierry ­Zylberberg, patron de la division santé chez Orange.

Quant à Orange, qui cherche souvent sa place face aux géants de l’Internet, il a trouvé avec la santé un vrai moteur de croissance. «La santé est un des rares secteurs qui n’est pas mondialisé. L’écosystème est toujours très local. C’est pourquoi les annonces tonitruantes de Google et Microsoft n’ont pas ­débouché», conclut Thierry Zylberberg.